COMMUNIQUE DE PRESSE DU SNPsyEN - UNSA Education

Un rapport (et l’utilisation qui pourrait en être faite)
qui heurte la déontologie des psychologues de l’Education Nationale.


Le SNPsyEN (Syndicat National des Psychologues de l’Education Nationale) réuni en instance nationale les 9 et 10 mars 2006 a analysé le rapport de l’INSERM, ses conclusions et les conséquences que pourrait avoir ce rapport s’il donnait lieu à la mise en place d’un carnet de suivi comportemental des enfants. (1)

Le SNPsyEN rejoint dans son analyse celle du groupe (2) à l’initiative de la pétition « pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans » : l’expertise INSERM sur  le trouble des conduites chez l’enfant  n’offre pas d’avancée pour la prévention dans le champ de la santé ou pour la prise en charge d’enfants en difficulté. Elle stigmatise  comme pathologiques « des colères et des actes de désobéissances » et les présente de fait comme prédictifs d’une délinquance future. Elle brouille, de ce fait, les cartes en établissant, page après page, un lien mécanique entre difficultés de comportement de l’enfant et risque de délinquance.

Le SNPsyEN marque son entier accord avec l’analyse qui est faite de toute part : ces projets gouvernementaux  ne sauraient qu’instrumentaliser les acteurs de la santé ou de l’éducation à des fins de surveillance ou de contrôle des familles et de leurs jeunes enfants.

Le SNPsyEN rappelle que les psychologues de l’Education, travaillent quotidiennement dans la prévention de l’échec scolaire et des troubles de comportement par l’accompagnement des enfants, des jeunes et de leur famille (ce que semblent ignorer nos ministres et monsieur le député Bénisti)). Chaque fois que nécessaire, ils le font en étroite collaboration avec le secteur médico psychologique ou médico social. Mais des moyens suffisants leur sont ils donnés pour être efficace quand leur Ministère de tutelle laisse de plus en plus de postes vacants dans cette profession?
Le SNPsyEN rappelle que depuis la création de leur fonction dans l’Education Nationale en 1945, les psychologues de l’Education se sont toujours refusés à noter, quand la rubrique a existé dans des dossiers scolaires, des informations à caractère psychologique, comportemental ou personnel des enfants ou des jeunes qu’ils rencontraient.

Le SNPsyEN note que pour les psychologues de l’Education, participer à l’élaboration d’un carnet de suivi comportemental, serait un manquement grave au code de déontologie (3) qui régit leur fonction comme celle de tous les psychologues, à savoir :
- l’article 19 qui précise « le psychologue, averti du caractère relatif de ses évaluations et interprétation, ne tire pas de conclusions réductrices ou définitives sur les aptitudes ou la personnalité des individus, notamment lorsque ces conclusions peuvent avoir une influence directe sur leur existence. »
- le paragraphe 6 des principes généraux du code : «Tout en construisant son intervention dans le respect du but assigné, le psychologue doit donc prendre en considération les utilisations possibles qui peuvent éventuellement en être faites par des tiers. »

Pour toutes ces raisons, porte parole de la profession, le SNPsyEN refuse de cautionner toute utilisation politique qui pourrait être faite de l’expertise  de l’INSERM à d’autres fins que celles qui servent l’intérêt des enfants ou des jeunes que les psychologues aident ou accompagnent. Il demande une augmentation décente des moyens existants ( psychologues de l'éducation, RASED, médecins et infirmiers scolaires, PMI, structures de soin ambulatoire). Tous ces professionnels ont montré leurs compétences quant au repérage et à l'accompagnement, mais sont actuellement en nombre insuffisant pour remplir ces missions.  (4)

(1)    Dès le 14 février, cependant, le SNPsyEN mettait en ligne sur son site internet l’appel « pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans » et invitait ses adhérents à le signer.
(2)    Communiqué de presse du 10 mars 2006 du groupe à l’initiative de cet appel .
(3)    Code de déontologie des psychologues adopté et signé en 1996 par toutes les organisations et tous les syndicats de psychologues.
(4)  Il existe actuellement des délais très longs (souvent plus de 3 mois) pour les familles vers les structures de soin ambulatoire quand celles-ci sont conseillées par les psychologues de l'éducation pour des enfants en difficultés majeures.
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