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Le SNPsyEN soutien les positions de sa fédération l'UNSA Education Entre
les déclarations du ministre de l’Intérieur, un
communiqué officiel du 24 mai et un avant projet de loi qui
circule officieusement, les grandes orientations du projet de loi
sur la prévention de la délinquance se dégagent.
Le maire serait chargé
d’ « animer et coordonner la politique de
prévention ». Les règles de secret
professionnel seraient modifiées pour permettre le partage
d’informations, y compris avec un coordonnateur désigné
par le maire. Dans le cadre d’un « conseil des droits et
devoirs des familles », le maire pourrait proposer
« un accompagnement parental » et demander une
mise sous tutelle des allocations familiales. Un renforcement des
dépistages médicaux réalisés par la PMI et
la médecine scolaire est prévu. La prévention de
la toxicomanie serait renforcée, notamment en développant
les injonctions thérapeutiques. Les mesures applicables aux
mineurs auteurs d’infraction seront revues.
Culpabiliser les familles ou les soutenir ? Pour le SNPsyEN et l’UNSA
Education, il n’est pas question de nier que des jeunes, de plus en
plus jeunes, commettent des actes graves de violence, parfois de
façon totalement gratuite. La sanction, à condition
qu’elle soit proportionnée, a une valeur éducative en
posant les limites de la loi. Pour les éducateurs que nous
sommes, l’accent doit néanmoins être mis avant tout sur la
prévention. A partir de la réflexion engagée au
sein de la fédération, on peut rappeler quelques
principes.
On ne peut pas faire porter aux individus ou à leurs familles la responsabilité entière des problèmes, en s’exonérant des conséquences des politiques menées en matière d’emploi, de ressources, de logement. Loin de la prétendue « démission parentale », les familles font ce qu’elles peuvent, dans un contexte social souvent difficile. Elles ont besoin d’être aidées, accompagnées et non pas culpabilisées. Refuser les amalgames L’intérêt d’une
prise en charge thérapeutique précoce des troubles du
comportement, lorsque l’indication en a été bien
posée, est incontestable. Beaucoup de jeunes délinquants
ont eu un parcours chaotique ; cela n’autorise pas à
considérer comme de futurs délinquants potentiels des
enfants, voire de très jeunes enfants présentant des
troubles qui peuvent être passagers. Les réponses à
apporter ne relèvent pas systématiquement de la
psychiatrie, mais aussi d’un accompagnement social et éducatif.
De nombreux dispositifs existent en matière de repérage
des difficultés et de prévention. Ils ne
bénéficient pas de la reconnaissance et des moyens
indispensables à un fonctionnement efficace. Avant de proposer
d’autres dispositifs, il conviendrait de faire une évaluation de
ceux qui existent et d’analyser les possibilités d’optimiser
leur fonctionnement. A titre d’exemples : le service social en
faveur des élèves, la médecine scolaire, les
éducateurs de rue…ou encore les services de
pédopsychiatrie.
Le maire, nouveau « shérif » ? L’approche sécuritaire
et la transmission d’informations individuelles au maire ou à un
professionnel désigné par lui sont inacceptables en
raison d’une trop grande proximité avec la population et de
l’influence possible de la coloration politique sur les orientations
prises. Dès lors que l’on entre dans le cadre de la protection
de l’enfance, c’est le président du Conseil
général qui est destinataire des
« informations préoccupantes ». Le projet
de loi sur la protection de l’enfance, déposé
récemment au Sénat, en précise les
modalités. Il ne doit pas y avoir de confusion entre les deux
projets de loi.
C’est en se référant à ces quelques principes que l’UNSA Éducation analysera des projets qui font encore l’objet d’arbitrages et participera à la concertation annoncée. |